La dystonie de fonction (ou crampe de l’écrivain), mieux la connaître pour l’éviter

La dystonie de fonction (ou crampe de l’écrivain), mieux la connaître pour l’éviter

Sur quelle problématique anatomique un écrivain et un guitariste chevronné pourraient se rejoindre?

A première vue, les similitudes biomécaniques entre l’écriture et l’acte guitaristique semblent difficiles à discerner. Et pourtant…

Avez-vous déjà entendu parler de la crampe de l’écrivain?

Derrière ce nom usuel et inexact se cache une pathologie nommée « dystonie de fonction », caractérisée par une perturbation indolore de l’action alors que tous les autres gestes de la vie quotidienne sollicitant les mêmes muscles sont réalisables sans altération. Un jeu de compensations musculaires et posturales se met peu à peu en place pour contrer la dysfonction naissante. Cela se traduit concrètement par des postures peu fonctionnelles adoptées par le membre supérieur et qui finissent par échapper au contrôle de l’individu. La surutilisation, les années de pratique et le matériel inadapté semblent être autant de potentiels facteurs d’apparition d’une telle pathologie.

Il semble également que cette pathologie soit lié à un certain déficit de la sensibilité proprioceptive (c’est-à-dire la projection cérébrale qui nous permet de savoir où se situe chaque partie de notre corps dans l’espace même en fermant les yeux) au niveau du membre en cause.

Il faut distinguer ce trouble d’ordre neurologique des pathologies musculaires telles que les tendinites ou le surmenage musculaire. L’un des meilleurs indicateurs permettant cette différenciation est notamment l’absence de douleur à la sollicitation et au repos.

Plus la prise en charge est précoce, plus les chances de guérison ou d’adaptation saine sont grandes.

A l’inverse, l’obstination dans le geste pathologique peut avoir des conséquences catastrophiques.

Cette pathologie est moins connue chez le musicien mais existe pourtant bel et bien.

A titre d’exemple, intéressons-nous ici au cas d’un guitariste amateur d’une cinquantaine d’années et d’un niveau de guitare élevé, s’exerçant de manière soutenue.

Ce musicien consulte pour un problème lié à son membre supérieur droit et plus particulièrement la tenue du médiator.

La pince nécessaire entre le pouce et l’index pour maintenir le médiator en place n’était plus réalisable pour lui. Pour une raison inexpliquée, ce trouble est apparu dans les mois précédents, obligeant le guitariste à revoir sa façon de tenir le médiator. Ainsi, il avait installé une alternative en jouant avec une pince pouce-majeur au lieu de la classique pince pouce-index. Conscient du caractère anormal de la situation et troublé par le fait que cette gêne n’était présente dans aucun autre geste sollicitant cette même mécanique, il s’est décidé à consulter rapidement.

Fort heureusement, ce guitariste ayant compris l’importance d’effectuer cette rééducation de manière consciencieuse, son trouble diminue peu à peu et suscite un certain optimisme.

Aujourd’hui, cette pathologie reste partiellement inexpliquée. La guérison est possible et passe forcément par une étude du mouvement et un changement, aussi subtil soit-il, du geste en cause.


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