LES DANGERS DU MIMÉTISME POSTURAL

LES DANGERS DU MIMÉTISME POSTURAL

Exemple de la posture du bassiste.
 
A-t-on un jour conseillé à Rob Trujillo de porter sa basse au niveau des genoux ?
Tim Commerford a-t-il de lui-même serré sa sangle au-delà du maximum pour qu’elle colle au plus près de son torse ?
Vous êtes-vous déjà demandé comment un musicien peut finir par adopter une posture aussi incongrue soit-elle lorsqu’il joue de son instrument ? Est-ce volontaire ? Est-ce pour le show ? Ou est-ce un équilibre corporel s’étant installé inconsciemment ?
 
En musique, l’élève sera amené à acquérir nombre de techniques et de bases instrumentales, bien souvent focalisées uniquement sur la partie du corps directement effectrice du geste, à savoir le poignet et la main pour ce qui est de la majeure partie des instruments.
Rares sont les enseignements concrets qui concernent la posture corporelle à adopter pendant le jeu instrumental.
Un bassiste en herbe, par exemple, pourra prendre des cours pour apprendre comment positionner ses doigts sur les cordes, comment slapper, comment alterner proprement index et majeur. Mais aura-t-il un seul enseignement concernant l’utilisation de son coude, de son épaule ou même encore de ses appuis au sol ?
Dans cette situation, de quelle solution dispose un esprit en apprentissage pour résoudre un problème de posture sans aide extérieure ? Le mimétisme postural. Ou plus simplement, l’imitation.
 
Dans une démarche souvent inconsciente, l’élève se référera aux musiciens érigés en référence tels que ceux que j’utilise pour cet article (Flea, Rob Trujillo, Tim Commerford et John Paul Jones) et optera pour une même posture du corps, puisqu’elle semble faire partie d’un ensemble permettant à ces artistes hors pair d’obtenir une technique et un son hors du commun.
Ainsi, on ne compte plus le nombre de bassistes optant pour un poignet en extrême flexion (poignet dit « cassé », typique, exemple sur la photo de J.P. Jones) et des doigts tendus dans le prolongement de la main, effaçant le relief de l’arche de la main (tout cela pour le membre supérieur droit).
Une position si caractéristique qu’elle colle à l’image du bassiste jusque dans l’imagerie populaire ou les caricatures.
Pourtant, mécaniquement, cette position peut s’avérer dangereuse pour les structures musculo-tendineuses du membre supérieur et peu intéressante pour l’optimisation des performances.
 
Attention donc aux stéréotypes, au traditionalisme dans le port d’un instrument dont peuvent faire preuve certains professionnels au dépend de l’intégrité corporelle.
 
Un instrument ne doit pas se porter en fonction d’une tradition ou d’une mode ou d’idées pré-conçues, mais en fonction des capacités anatomiques du corps humain. La posture de jeu est un aspect technique tout aussi important que les autres et concourt tout autant à modeler un son que le bon usage de la main ou du poignet.
 
Si l’on parvient à obtenir une position respectueuse du corps et suffisamment rock’n roll, c’est encore mieux !

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